Réputée pour être la reine incontestée des jeux de combats, la Dreamcast a jusqu’au bout protégé son image de marque, notamment grâce à l’excellent CAPCOM vs. SNK 2 : Millionnaire Fighting 2001, sortie exclusivement sur le territoire nippon. Le titre avait comblé sans difficulté les adeptes du premier opus ainsi que de nombreux amateurs du genre en leur proposant d’affronter un nombre incroyable de combattants issus des franchises de chez CAPCOM et SNK. Alors que les jeux de combat 2D reviennent petit à petit à la mode à coup de réédition et de versions remastérisées, je me suis laissé tenté par ce cross-over de renom dans sa version Dreamcast afin de vous faire partager mes impressions au travers de ce test complet.

C’est une époque bien triste que nous vivons actuellement, car depuis l’arrivée de la PlayStation 3 et de la Xbox 360 pour ce ne citer quelles, les grands jeux de combat en 2D se font très rares. Certes, on peut y dénicher une poignée d’anciens succès dans des versions estampillées « HD », le tout vendu à prix d’or, mais leur gameplay s’adapte très mal avec les manettes d’aujourd’hui étant conçues spécifiquement pour des jeux 3D au détriment des jeux 2D. Si vous avez déjà tenté le diable en jouant à un jeu de baston de la famille Street Fighter ou The King of Fighters sur l'une de ces consoles modernes, vous avez sans le moindre doute dû remarquer que les commandes sont moins précises et elles ne permettent pas d’exécuter correctement des enchaînements même avec la plus grande discipline. Un problème inexistant sur Dreamcast et autres anciennes consoles comme la NeoGeo ou la SEGA Saturn sur lesquelles, encore aujourd’hui, il est préférable de jouer à ce type de jeu afin d’éviter toute déception, d’autant plus qu'au moment où j'écris ces lignes, CAPCOM vs. SNK 2 n’a pas encore été publié sur PlayStation 3 et ni sur Xbox 360.

Une fois le GD-ROM inséré et la console sous tension, le jeu démarre sans plus tarder avec une courte cinématique d’introduction histoire de nous mettre dans l'ambiance survolter de ce cross-over avant d’arriver sur le menu principal. Sans surprises, il nous est proposé un mode « Arcade », « Survival », « Training », « Versus » et « Network ». Ne vous y trompez pas, car le mode de jeu en ligne fait ici purement office de décoration puisque les serveurs sont fermés depuis belle lurette en plus d'avoir été mis en place, à l’époque, uniquement pour les joueurs vivant au Japon. En revanche, si vous avez toujours rêvé de pouvoir combattre avec Ryu vêtu d’un ensemble rose bonbon, sachez que c’est enfin possible grâce au mode « Color Edit » permettant de personnaliser les couleurs de son personnage préféré selon les goûts et les mœurs de chacun.

Le jeu de combat le plus complet ?

Devant l 'écran de sélection des personnages, CAPCOM vs. SNK 2 nous invite à choisir entre plusieurs systèmes de jeux influant sur le gameplay : « Ratio », « 3 on 3 » ou bien « Single Match ». Le premier permet d’attribuer quatre points maximum par équipe contrairement au précédent volet où les ratios étaient déjà prédéfinis pour chaque combattant. Plus un personnage a de points, plus il gagne en force et en résistance. Il faudra, naturellement, profiter au maximum de cet avantage contre ses adversaires pour remporter la victoire notamment grâce à l’ordre des combattants engagés. On peut aussi décider de ne choisir qu’un seul ou deux personnages et ainsi leur attribuer plus de points afin de les rendre plus forts. Le 3 on 3 se veut plus classique puisqu’il est ici question de constituer simplement une équipe de trois combattants, puis vient le single match, qui comme son nom l’indique, ne permet que de contrôler un seul combattant et de disputer deux rounds par match.

Par la suite, il faut sélectionner le système de combat appelé « Groove » représenté par les lettres « C », « A », « P » correspondant au game-play des jeux CAPCOM et « S », « N », « K » pour les jeux SNK, ça coule de source. C’est une manière simple et efficace de mélanger les gameplay provenant des jeux différents tels que Street Fighter, Rival School : United by Fate, Final Fight, Darkstalker, Art of Fighting, Fatal Fury, Samurai Shodown, The King of Fighters et The Last Blade 2. Pour finir, il faudra faire son choix parmi un total de 48 combattants disponible et autant le dire tout de suite, CAPCOM vs. SNK 2 se veut très complet à ce niveau avec en prime de nombreux challenges à découvrir. Par exemple, l’affrontement avec le boss final aura lieu à condition d’avoir remporté récolter un certain nombre de points. Il est aussi possible de se battre contre d’autres boss cachés, mais sous certaines conditions comme empêcher ses adversaires de placer les 6 premiers coups, ne pas perdre ou remporter un round par « time out » ou encore de ne pas réaliser plus de deux TKO spéciaux. Que l’on soit seul ou accompagné d’amis retrogamers, il y a vraiment de quoi faire avec ce CAPCOM vs. SNK 2 dont la durée est exemplaire si on oublie l’impossibilité d’y jouer en ligne.

Le titre n’est pas seulement très complet, il nous offre une bonne dose de fun digne des plus grands jeux d’arcade du moment. Les combats sont plus nerveux et rapides que dans le précédent volet. Les coups sortent facilement et c’est un vrai bonheur que de balancer des combos à tout-va sur son adversaire suivi d’une attaque spéciale signant sa tragique défaite. Rien à dire, CAPCOM maîtrise son affaire à la perfection et il m’est très difficile de comprendre pourquoi la firme n’avait pas, à l’époque, songé à commercialiser le titre en dehors du territoire japonnais, ce qui aurait assurément permis à la Dreamcast d’être bien plus populaire qu’elle ne l’était.

Un jeu de toute beauté

Graphiquement, ce deuxième opus se défend plutôt bien avec un rendu visuel à l'écran très propre, bien que l’on pourrait aujourd’hui lui reprocher d’afficher des personnages un tantinet trop pixelisés sur des écrans haute définition. Le titre se rattrape avec l'utilisation de belles de couleurs, de superbes animations et des décors comprenant des éléments en modélisés en 3D donnant ainsi plus de profondeur aux arènes sans jamais empiéter sur la fluidité de l’image. GD-ROM oblige, il existe un léger temps de chargement entre chaque round, mais rien de bien gênant à condition de faire l’impasse sur le bruit d’un bloc optique éventuellement en fin de vie (oui, c’est du vécu). Tout comme le reste, la bande-son hérite d’échantillons audio d’excellente qualité et en augmentant le volume, c’est l’extase totale ! Néanmoins, j’aurais fortement apprécié écouter des thèmes musicaux un peu plus travaillés afin de m’immerger plus profondément dans l’ambiance, dommage.

Comme on pouvait s’y attendre, la manette de la Dreamcast offre une bonne maniabilité permettant ainsi de contrôler dans de bonnes conditions chaque combattant, mais à condition d’utiliser uniquement les flèches directionnelles. Hélas, avec le stick gauche, il est beaucoup plus difficile de se déplacer avec précision et le tout se veut aussi nettement moins agréable… Dans tous les cas, le mieux étant d'opter pour un stick arcade officiel ou idéalement une manette ASCII, mais le prix sur le marché de l'occasion reste relativement élevé même après toutes ces années...