Le mois dernier, journalistes et blogueurs ont sorti leur plus belle plume afin de couvrir un grand événement à venir qu’est le retour de la Mega Drive. Selon les dires de certains auteurs, la console serait commercialisée par SEGA en personne afin d’apporter une sérieuse réponse face au succès délirant de la Nes Mini de Nintendo. Hélas pour les amoureux inconditionnels de la console américano-japonaise, il s’agit clairement d’une mauvaise information puisque cette dernière sera produite par la société américaine, AtGames, qui n’en est pas à sa première tentative. Mais alors, pouvons-nous espérer un produit de qualité équivalent à la Mega Drive de l’époque ?

Cela fait vingt ans que SEGA ne produit plus aucune Mega Drive et bien que la console soit un exemple de fiabilité, elle est loin d’être immortelle. Avec un total de 39,70 millions d’exemplaires vendus à travers le monde, la Mega Drive est une console qui se trouve facilement, encore aujourd’hui, sur le marché de l’occasion. Pour l’acquérir, il faut débourser une somme pouvant aller de 40 à 80 euros selon son état et des accessoires fournis avec le lot, ce qui reste plutôt raisonnable au vu des spéculations qui sévissent dans le monde du retrogaming. Forcément, les prix s’envolent lorsqu’il s’agit d’un pack spécial ou d’une console encore sous blister, des pièces exclusivement réservées aux collectionneurs les plus fortunés.

Le problème avec ces consoles d’occasions, c’est qu’elles ont rarement été conservées avec amour par leurs multiples propriétaires. Le retrogaming étant devenu une activité très lucrative, ce qu’on achète sur Internet provient généralement des brocantes, vides grenier et parfois de la déchetterie. Rapidement testées à la va-vite avant d’être mises en vente sur des sites comme eBay ou Priceminister, les consoles ne sont pratiquement jamais démontées afin de vérifier l’état des composants électroniques et ne bénéficient d’aucun coup de chiffon pour retirer la crasse qui s’est accumulée au fil des années. Même si la Mega Drive repose sur des composants relativement fiables, personne n’est à l’abri d’un dysfonctionnement causé par un condensateur fatigué, un port de cartouches capricieux ou bien un circuit oxydé. Il en va de même pour les manettes qu’il faut systématiquement démonter et nettoyer en profondeur pour retrouver un soupçon de confort.

Consciente du problème, la société AtGames a plusieurs fois réédité la Mega Drive à destination du marché américain et européen avec l’autorisation de SEGA. Vendue à moins de 60 euros, la console n’a jamais rencontré un franc succès auprès des joueurs les plus nostalgiques ni des fans. C’est même tout le contraire. Je vais être franc, le modèle produit par AtGames est très loin d’égaler la qualité et la finition de la Mega Drive de l’époque. On pourrait même la qualifier de version « ultra low cost » tant AtGames a limité drastiquement les coûts de production. Voyez par vous-même, le signal vidéo RGB et le son en stéréo ont été remplacés par du composite et du mono ! Côté comptabilités, de nombreux jeux ont des problèmes de ralentissements et de synchronisation ou pire, refusent de fonctionner. Visuellement, les manettes font très « cheap » à cause d’un plastique de très mauvaise qualité, une impression qui se confirme avec une prise en main abominable. On pourrait se consoler avec les 80 jeux fournis avec la console, mais ces derniers sont enregistrés dans une mémoire ROM et seulement 40 d’entre eux sont issus du catalogue de SEGA.

Objectivement, la Mega Drive d’AtGames n’a clairement aucun intérêt, même si avec le temps quelques points négatifs de la console ont été améliorés. Je pense notamment à la présence d’une sortie vidéo en YUV et d’un son désormais en stéréo, mais dans l’ensemble le produit reste très moyen en comparaison avec la console de SEGA. Mais alors qu’attendre de la nouvelle version baptisée pour l’occasion Mini Mega Drive ? Eh bien, pas grand-chose si ce n’est que cette dernière reprendra le design originel de la première Mega Drive avec en prime une sortie HDMI en 720P afin d’améliorer la qualité d’affichage et de simplifier la connectique. Pour le reste, il y a de fortes chances pour que les programmeurs de chez AtGames libèrent une version améliorée de l’émulateur afin de bénéficier de meilleures performances et d’une plus grande compatibilité avec les différents jeux non intégrés dans la mémoire ROM.

Clairement, je doute que cette nouvelle version soit supérieure ou équivalente à la console de SEGA malgré les différentes améliorations qui seront apportées au produit. En revanche, il se pourrait bien qu’AtGames nous propose une alternative fort séduisante et un sérieux challenger face à la Nes Mini de Nintendo. Mais pour l’heure impossible de se positionner sans avoir la console entre les mains et pour cela, il faudra attendre sa commercialisation étant prévue pour le mois de septembre prochain, si tout va bien.

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